Quelques brèves dont on nous fait part :
« C’est une petite révolution culturelle pour le nucléaire » : à Jeumont, Framatome investit plus de 100 millions d’euros pour adapter les méthodes de l’industrie automobile à la production de pièces critiques des EPR2
Framatome engage une transformation industrielle majeure de son site de Jeumont (Nord), avec un investissement total de 103 millions d’euros destiné à industrialiser la production de deux équipements critiques des EPR2. L’ambition dépasse la simple montée en cadence pour atteindre une capacité équivalente à 1,5 EPR produit par an : il s’agit aussi de repenser l’organisation industrielle en séquençant la fabrication des pièces selon des méthodes inspirées de l’automobile : une évolution de fond pour la filière nucléaire. Cette transformation se traduit par une modernisation en profondeur des ateliers : réaménagement des postes de travail, intégration de nouvelles machines d’usinage, redéfinition des flux de circulation et installation de racks de pièces le long des allées pour faciliter le montage et les contrôles détaille L'Usine Nouvelle. L’espace dédié aux contrôles 3D est également entièrement repensé. Pour la seule année 2026, 32 millions d’euros seront investis sur le site de Jeumont, dans le cadre du projet global “Aurus”, doté de 103 millions d’euros. Celui-ci prévoit également la construction d’un nouveau bâtiment de 10 000 m² à Maubeuge, à une dizaine de kilomètres du site, où une partie des activités sera transférée à partir de 2028.
Un chantier de quinze ans : l'Etat autorise EDF à démanteler l'ancienne centrale nucléaire de Fessenheim
Le gouvernement a autorisé, dans un décret publié dimanche au Journal officiel, le démantèlement complet par EDF de l'ancienne centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin). Ce décret en date du 1er mai, signé par le Premier ministre et le ministre de l'Economie et la ministre déléguée en charge de l'Energie, marque une étape clé dans la reconversion de ce site fermé en 2020, après plusieurs années consacrées au retrait du combustible et aux opérations préparatoires. Le décret précise que « les opérations de démantèlement […] concernent l'ensemble de l'installation » dont « l'îlot nucléaire ». L'îlot conventionnel, qui inclut la station de pompage, les bâtiments d'entreposage des générateurs de vapeurs usés, des boues et les réservoirs de stockage des effluents, sera également démantelé. L'opération se déroulera en quatre étapes, avec le démantèlement proprement dit puis l'assainissement des structures et des sols, la démolition des bâtiments et enfin la réhabilitation du site. Les travaux devaient s'achever vers 2041. Ils généreront environ 405.000 tonnes de déchets, dont un peu plus de 20.000 tonnes de déchets radioactifs explique Les Echos. EDF a pour projet de créer près du site de Fessenheim une usine de recyclage de métaux faiblement radioactifs d’ici 2031. Le groupe public prévoit la création d'environ 200 emplois directs pour l'exploitation de l'unité de recyclage, dont le coût est estimé à 450 millions d'euros.
Otrera dévoile un projet d’usine à plus de 40 millions d’euros
La start-up aixoise Otrera New Energy annonce un investissement de 40 à 50 millions d'euros pour la construction d'une usine de fabrication de composants pour réacteurs nucléaires de 4ᵉ génération à Les Pieux, près de Cherbourg-en-Cotentin (Manche) . Le calendrier est serré : achat du terrain de 12 000 m² en 2026, début des travaux en 2027, livraison fin 2028 et ouverture effective en 2029, avec un premier réacteur installé sur site d'exploitation d'ici décembre 2032 détaille Le Journal des Entreprises. Le projet devrait générer entre 200 et 250 emplois directs, complétés par 400 emplois indirects et induits, alors que la start-up ne compte aujourd'hui que 40 salariés. Les réacteurs produits, à neutrons rapides refroidis au sodium, affichent une puissance de 200 MW électrique et 360 MW thermique, pour un coût estimé entre 1 et 2 milliards d'euros l'unité, soit dix fois moins puissants qu'un EPR, mais 50 % moins coûteux à produire. Leur rendement énergétique atteint 95 %, contre 37 % pour un réacteur EDF classique, grâce à la cogénération. Ces réacteurs fonctionneront sans dépendance aux mines d'uranium, en réutilisant l'uranium de retraitement et le plutonium issus des centrales EDF. Les marchés visés sont la France, l'Europe, l'Europe de l'Est, notamment la Pologne, et potentiellement l'Asie, le Moyen-Orient et le Maroc.
Pour les 80 ans d'EDF-GDF, la CGT réclame la renationalisation de la filière énergétique
À l'occasion du 80e anniversaire de la création d'EDF-GDF, des agents, usagers et élus locaux se sont réunis sur le site Enedis-GRDF de Saint-Gaudens pour célébrer cet événement symbolique. La CGT en a profité pour rappeler avec force que l'énergie est un bien commun qui devrait redevenir un service public. Le syndicat a retracé l'histoire de la nationalisation de 1946, portée comme un symbole du redressement national, à une époque où l'énergie était conçue comme étant « au service de la Nation ». Depuis, le secteur a subi de nombreuses dérégulations que la CGT condamne, citant notamment ses combats victorieux contre le « Projet Hercule » et contre l'ouverture à la concurrence des barrages hydroélectriques explique La Dépêche du Midi. Le syndicat dresse un constat sévère : l'ouverture à la concurrence n'a pas fait baisser les factures, bien au contraire. Parmi les revendications concrètes, la CGT réclame une baisse de la TVA sur l'énergie de 35 % à 5,5 %, ainsi qu'une nouvelle nationalisation complète de la filière, du nucléaire jusqu'aux énergies renouvelables.
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